VENDREDI 17 JANVIER 2014                                                           

Amphithéâtre Richelieu – Université Paris-Sorbonne – 12h15

 

       Joseph Woelfl : Quatuor op. 10 n°4 en sol majeur

       Wolfgang Amadeus Mozart : Quatuor K. 465 Les Dissonances

 

QUATUOR MOSAÏQUES

Erich Höbarth, Andrea Bischof, violons

Anita Mitterer, alto

Christophe Coin, violoncelle

 

Le Quatuor Mosaïques est né en 1987. Les trois artistes d’origine autrichienne et le violoncelliste français Christophe Coin se sont rencontrés à Vienne, au sein du Concentus Musicus de Nikolaus Harnoncourt. C’est là que leur vint l’idée de mettre en commun les fruits d’une longue expérience dans le domaine de l’interprétation sur instruments d’époque en créant un quatuor à cordes classique jouant sur de tels instruments.

Il ne s’agissait nullement de chercher une « authenticité » de musée, mais de perpétuer, par un lien vivant, la grande tradition européenne du quatuor à cordes. Ainsi reçurent-ils un héritage fondamental du légendaire Quatuor Végh, dont Erich Höbarth fut membre pendant trois ans.Révéler la richesse intérieure et spirituelle de la musique doit être l’ultime objectif de toute interprétation :« Dans une mosaïque, on voit que chaque détail a été merveilleusement pensé, et en même temps, quand on l’observe à la distance idéale, l’œil est capable de saisir toute l’image. C’est pareil pour la musique : il faut travailler les détails, créer les meilleures conditions d’écoute, trouver la bonne distance, pour que l’auditeur puisse voir chaque élément et l’assemblage des éléments, et en même temps percevoir l’œuvre d’art dans son ensemble » (Christophe Coin).

Aujourd’hui, le Quatuor Mosaïques est régulièrement cité comme l’un des plus grands quatuors actuels. En témoignent les nombreux enregistrements couronnés de récompenses, tel le prestigieux Gramophone Award, qui lui a été décerné à plusieurs reprises pour ses enregistrements de Haydn. Les concerts donnés en partenariat avec les pianistes András Schiff et Patrick Cohen, les clarinettistes Wolfgang et Sabine Meyer ou les violoncellistes Miklos Pérenyiet Raphaël Pidoux atteignent les sommets de l’excellence dans l’interprétation chambriste.

En 2006, le Quatuor Mosaïques est invité en Espagne à jouer sur les célèbres instruments du quatuor réalisés par Stradivarius et appartenant à la couronne. À cette occasion, il donne au Palais royal de Madrid un programme de Cuartetos d’Arriaga, qui sera enregistré par la suite.

Les Mosaïques disposent d’un vaste répertoire, composé d’œuvres rarement jouées (Pleyel,Tomasini, Werner, Jadin, Gross, Boëly…), sans oublier les compositions des grands noms durépertoire classique viennois, jusqu’à Schumann et Brahms. Ce répertoire s’élargit de plus en plus avec des œuvres du début du xxe siècle (Debussy, Bartók, Webern…).

La riche discographie du Quatuor Mosaïques comprend des œuvres d’Arriaga, Beethoven,Boccherini, Boëly, Haydn, Jadin, Mendelssohn, Mozart et Schubert.

 

Note de programme

Lorsque Mozart entame la composition de ses Six quatuors opus 10 en 1782, voilà près de dix ans qu’il n’a pas écrit pour le genre. C’est sans doute poussé par les extraordinaires Quatuors opus 33 de Haydn qui rencontrent le succès partout en Europe que le compositeur se remet à la tâche. Composés au prix d’un « long et laborieux effort » très inhabituel pour Mozart, ces Six quatuors dédiés à Haydn sont autant de chefs-d’œuvre du répertoire. Parmi eux, le Quatuor dit des « dissonances » doit son surnom à sa célèbre introduction lente, dont les âpres frottements de notes ont fait couler beaucoup d’encre : au début du xixe siècle, on se dispute ainsi par articles de presse interposés sur la manière la plus appropriée d’en corriger les « fautes » ! Ce passage singulier ne doit pas nous faire oublier le reste du quatuor, dans lequel Mozart nous fait voyager d’un mouvement lent des plus lyriques, vers un terrible trio, jusqu’à un finale aussi léger que virtuose. Partout le compositeur se montre maître des codes du genre, maniant à la perfection le délicat équilibre entre les quatre instruments. Au plaisir de réécouter un chef-d’œuvre du répertoire de musique de chambre, s’ajoutera celui de découvrir un quatuor aussi original qu’inventif de l’un des plus doués des élèves de Mozart. Le Quatuor opus 10 n° 4 de Joseph Woelfl (1773-1812) présente d’ailleurs de nombreuses affinités avec la musique de son maître. Admiré partout en Europe comme pianiste virtuose, Woelfl se révèle à travers cette œuvre très réussie comme un fin compositeur de musique de chambre.

 

Louise Bernard de Raymond

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